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Jeudi 10 mai 2007
La colère s’emparait de lui dés qu’il se réveillait, dans son lit froid, qui maintenant son corps dans la solitude. Il allait encore devoir se lever très tôt, pour prendre la voiture et aller travailler.
Ce « travailler », était un grand mot pour lui, mais depuis quelques semaines, le « travail », il n’en n’avait pas grand-chose à faire. Il se levait doucement, comme sortant d’un bain froid, puis se préparait. Son appartement était vide de toute vie pouvant égayer une pénible routine de jeune stagiaire.
Youryne prit sa voiture pour se rendre au lieux de rendez-vous, où ils partiraient à trois afin d’aller travailler, toujours dans les mêmes locaux, dans les mêmes bâtiments en construction…tous les jours…semaines après semaines…
 
En ce novembre, les jours étaient cours.
Lui et les autres jeunes employés, restaient à travailler dans la pénombre des bâtiment dans lesquels ils installaient les systèmes électriques. Bien évidement, le plus souvent, ils n’y avaient aucune source de lumière, surtout quand le temps était maussade et que les nuages couvraient le ciel déjà gris…
Il garait sa voiture derrière celui du patron, puis rentrait dans l’entrepôt où ils chargeaient déjà le matériel requit pour l’installation de cette si prévoyante journée.
Les deux jeunes semblables de Youryne fumaient déjà sans même lui adresser la parole, ils n’avaient heureusement pas commencés par lui dévoiler leur regard bête et fier qui l’exaspérait. Ils discutaient de tout et de rien, l’interminable cercle de leur activité se limitait à travailler, dormir, fumer, draguer et boire.
Le jeune stagiaire espérait gagner des clopinettes à la fin de son travail…Bien que ce ne fût pas grand-chose pour lui, ce n’était vraiment rien pour les autres et surtout pas pour le patron qui profitait de lui comme les autres. Ce stagiaire, il était juste comme un bonus, un petit plus qu’on ne payait même pas !
Le chargement fini, les deux jeunes employés terminaient leur cigarette. Eric qui avait vingt deux ans conduisait, Matthieu qui avait dix neuf ans attendait que Youryne monte, toujours à la place du milieu de la camionnette.
-         Aller, monte ! Dit-il d’un ton lassant. Nous n’avons pas que ça à faire…
-         Oui…répondit calmement Youryne.
Le véhicule de travail sortait doucement du petit garage remplis de cartons et de bric à brac. Une fois sur la route, le jeune accélérait puis commençaient à parler de sujets qui n’intéressai certainement pas Youryne. Comme à l’habitude, ils écoutaient en fond une radio qui diffusait toujours les mêmes musiques aux mêmes heures. Le plus souvent, il y avait une demi-heure de trajet qui permettait au jeune stagiaire de penser et d’essayer de se motiver. C’était toujours le pire moment que de sentir la camionnette s’arrêter la maison où ils allaient passer la journée.
Ce ne fut pas une surprise de s'immobiliser de nouveau dans le quartier en construction. Les trois jeunes sortaient et ouvraient déjà la porte arrière afin de sortir les équipements.
Eric enfonça la clé dans la serrure, la porte était toute neuve, ils savaient déjà tous ce qu’il y avait derrière, bien que les surprises sont toujours mal venues. Il se pouvait souvent que le travail soit plus dur ou non selon les pièces. 

Image hébergée par servimg.com

La porte s’ouvrait en laissant échapper un vent froid qui venait de l’intérieur. Ils entraient tous les trois avec les caisses à outils bien remplies, l’obscurité envahissait la plupart des pièces de la maison de plâtre. Ils posaient toujours leurs affaires dans ce qui semblait être le salon, une grande pièce qui offrait toujours un double porte-fenêtre qui, heureusement, éclaircissait pendant la journée… Au début, Youryne faisait un tour dans la maison afin de la connaître, mais à a longue il n’étais plus surpris et ne s’engageait plus à faire un tour d’avance. Il s’équipait d’un couteau, puis montait à l’étage.
Sa matinée était consacrée à installer tous ces composants, interrupteurs et radiateurs…Il commençait déjà pendant que les deux autres jeunes employés fumaient leur deuxième cigarette en bavardant. Eric étant le plus âgé et le plus expérimenté, il s’occupait de brancher le tableau électrique. Ceci étant plus compliqué, mais au fond, tous ces tableaux se ressemblaient tous… Matthieu allait dans le garage pour préparer la mise en place des interrupteurs, il fallait percer dans le ciment.
C’était un travail très pénible de visser les interrupteurs, il fallait d’abords couper les gaines protectrices, enfoncer les boites oranges dans le trou à la base du mur, dénuder les fils, les brancher à la prise électrique, puis visser le tout. Eprouvant pour tout le corps, fatiguant pour les doigts, ce n’était que le début. Il fallait qu’il fasse la même chose mais pour les interrupteurs qui se trouvaient au niveau des portes. Au final, il y avait bien une cinquantaine de composants.
Si seulement il pouvait utiliser la visseuse électrique, cela lui aurait permis d’aller beaucoup plus vite et de ne pas se déchirer la main, mais les jeunes ne voulaient pas lui prêter cette machine si pratique… Seul eux pouvaient utiliser la visseuse quand ils le voulaient.
Il fallait bien entendu les mettre à niveau pour que tous les composants soient droits ; Cela ne servait pratiquement à rien car les peintres dévissaient le tout pour faire leur travail, ils devaient eux aussi, à la fin, mettre tout de niveau !
Image hébergée par servimg.com

Après avoir travaillé toute la matinée sans prendre de pause, c’était enfin l’heure de manger pour les deux jeunes. Contrairement à lui, ils avaient pris la peine de prendre plusieurs minutes de relâchement pour fumer, heureusement, leur travail avançait.

Le jeune stagiaire leur débarrassait d’un travail fort ennuyeux dans les pires conditions.

Comme ils avaient décidé que c’était l’heure de manger, c’était le seul moment pour Youryne de reposer son dos et ses mains. Un petit quart d’heure pour ingurgiter ce qu’il avait préparé la veille, un plat bien froid…

Comme avant de commencer toute chose, les deux employés fumaient tout en ouvrant leur boite. Avec une fourchette, ils en sortaient à chaque fois une nourriture étrange qu’ils mettaient sans hésitation dans leur bouche. Cela ressemblait à des pattes mélangées avec une sauce béchamel, auquel on aurait ajouté des oignons et des épinards. De toutes manière, ils devaient le trouver bon, pour l’apporter tous les jours…

Ces deux là discutaient de sujets tout aussi important que ceux qu’ils avaient déjà développés dans la voiture.

Le temps passa bien vite, surtout pour le jeune stagiaire qui désirait sortir prendre l’air…Ce ne fut pas de tout repos pour lui, car une fois dehors, une vieille Mercedes s’arrêtait juste devant la maison. C’était presque obligatoirement les propriétaires qui faisaient construire et qui venaient pour rencontrer les installateurs.

Youryne rentrait pour prévenir les deux jeunes qui ne devaient pas être pris au dépourvu.

-         Y’a quelqu’un, je crois que c’est le propriétaire…

-         Okey, on va voir…

Les deux se levèrent juste au moment où l’homme arrivait.

-         Bien le bonjour messieurs, fis-il en regardant les trois jeunes qui lui serraient la main à tour de rôle, je voulais juste vous dire que finalement nous mettrons 7 prises dans la cuisine…

-         Il n’y a pas de problèmes, où voulez vous la rajouter ?

L’homme montrait l’endroit, un coin de mur au fond de la cuisine, puis revint dans le salon.

-         Vous êtes bien jeune vous…Remarqua t-il en s’adressant à Youryne.

-         Oui, je suis stagiaire…

-         C’est bien ça…Ne ralentissez pas trop les professionnels, prévint t-il d’un air provocateur.

-        

Youryne ne savait pas quoi répondre face à cette injustice, cette insulte face à lui, un immense déshonneur. Il annonça son départ bien précipité avant de repartir fièrement dans sa vieille voiture noire.

 

 

 

 

Le jeune stagiaire tremblait légèrement, c’est la haine et la violence qui le parcourait qui l’empêchait d’avoir les larmes aux yeux faces a un tel acharnement réduit en poussière. Tout ce travail n’était même pas reconnu par les deux autres gars. Sous cette peine, il prit quelques minutes de pause supplémentaire et recommença à travailler. Vers quatorze heures, Youryne devait commencer son travail de l’après midi…Un travail dévalorisant mais nécessaire. Ramasser tous les câbles et gaines, chaque fils, ne laisser aucune poussière dans toute la maison. Le plus embêtant étant bien entendu les morceaux de plâtre qui traînaient un peu partout.

Chaque coup de balais était un vrai affront pour lui, qui voyait les deux employés faire un travail beaucoup plus intelligent. « Ca dépend, c’est tout ce que tu dois faire », avait dit Matthieu quand il lui avait demandé qui le faisait quand il n’était pas là. Il n’avait pas répondu à la question, mais Youryne se contentait de faire le travail, quel qu’il soit. De toutes manière, il n’avait pas eu de chance non plus dans sa famille…

 

Vers dix-sept heures, le stagiaire avait réussit à reprendre le contrôle de son corps, mais c’était tout juste…La luminosité commençais à baisser, le soleil ne désirait plus éclairer le chantier et il se cacherait pour le reste de la journée derrière les nuages. Un vrombissement s’approchait de la maison, une petite voiture arrivait et freinait brusquement, dérapant sur le sol humide, des jeunes en sortaient précipitamment. Ils entraient dans la maison sans gène avec leur regard provocateur de jeunes délinquants.

Les deux jeunes employés arrivaient, l’air cool, seraient la main aux nouveau venant. Trois gars et deux filles, pour respecter le principe de « cinq dans la voiture »… D’après la forte odeur de bière qu’ils dégageaient, il était impossible qu’ils n’aient pas été se saouler quelque part.

-         Comment tu vas Eric ! Criait t-il en serrant la main à celui-ci.

La discussion commençait et cela allait faire une pause en plus pour les collègues Youryne. Le stagiaire tenait le ballait dans la main droite, il ne fallut que quelques secondes pour que visiblement, le plus moqueur de la bande ne fasse attention à lui.

-         Ou là, on a le maître du ballais ! Allez allez, travaillons travaillons !

Tous les autres se marrèrent bruyamment, comme s’ils exagéraient…Les deux filles blondes qui les accompagnaient le regardaient comme s’il était un insecte qu’il fallait écraser.

Youryne ne savait plus où se mettre, c’était un sentiment plus fort que la haine qu’il éprouvait à présent. Il ne disait rien, mais son sang bouillonnait, son esprit explosait à l’intérieur de son corps qui n’osait même pas trembler sous ces injures.

Il quitta la pièce pour aller dans ce qui devait être la salle de bain, et s’arrêta devant le mur pour réfléchir. Son corps entier était engourdit, il ne sentait plus ses jambes et sa conscience était brouillée par la colère.

C’en était trop, son corps ne décidait plus et peu importe ce qui se passait en suite, les gènes de sa famille ressortaient. Des gènes soient liés à une malchance, soient à un manque de contrôle sur la situation. Image hébergée par servimg.com

Quoi qu’il en soit, Youryne passait inaperçu dans la maison, comme s’il n’existait pas. Personne ne faisait attention à lui. Il réussit à fermer l’unique porte à clé, celle-ci étant resté dessus. Le stagiaire, dans un état second, s’emparât d’une machette qui se trouvait dans une grande caisse. Sale et coupante, il l’avait bien en main. La portant à ces yeux pour contempler l’épaisseur de la lame, il se dirigea lentement vers les jeunes qui s’étaient à la longue dispersés dans la maison. Trouvant en premier lieux Eric et un autre qui discutaient prés du tableau électrique, approchant lentement, les deux avaient eu le temps de voir qu’il tenait une arme.

-         Mais qu’est-ce que tu…

Il n’eu pas le temps de terminer sa question inutile, car le jeune stagiaire leur tranchât d’un trait la gorge. Le sang coulait et giclait au rythme de leur cœur pendant que Youryne se dépensait à leur infliger de violents coups sur tout leur corps.

 

 

 

Peu après cet acte, le jeune de treize ans décidait d’aller dans les autres pièces, à la rencontre des autres, qui venaient précipitamment après avoir entendu de graves cris de futurs morts. Les croisant, il leur balança tout ce qu’il avait dans le bras pour leur trancher la tête d’un seul coup, faisant dévaler son agressivité sur le dos de Matthieu qui fuyait. Tremblant de douleur, sa chemise étant tâchée de son sang, il ne parvint pas à ouvrir la porte de sortie alors que la rage du stagiaire allait le tuer.

Les yeux emplis d’une fureur insensible, il avançait vers lui comme un réel tueur. Arrivé à bonne distance, l’employé se retourna, ses jambes ne tenaient plus, il tombait.

-         Travaillons, travaillons…Chuchota Youryne de sa voix sèche et pleine de chaos.

Quelques secondes plus tard, Matthieu baignait dans son sang et ses morceaux de chair s’étaient éparpillés autours de lui. Tous les autres, également morts, se vidaient en silence alors que Youryne terminait son travail…Un coup de balais pour terminer la journée, vers dix-huit heures, il faisait nuit. Le ciel était couvert et une ombre sinistre s’abattait sur tout le chantier. Les yeux de tous les morts ne brillaient plus, recouvert de poussière et endormis de toute vie. Un calme atroce recouvrait la maison dont l’installation électrique était quasiment terminée. Sachant très bien ce qu’il avait fait, Youryne n’avait nul d’autres choix que de téléphoner à la police. De toutes manière, il n’avait pas de voiture, ses parents n’étant pas disponible, du fait qu’il était mineur, il ne savait pas vraiment ce qu’il allait devenir.

Sortant son téléphone noir de sa poche, il composait le numéro. Après quelques longues tonalités, une personne décrochait… « Commissariat national bonjour, quel est le problème ? » Demandait la voix d’une femme. « J’ai tué sept personnes, je suis au chantier des templiers, vous pouvez venir me chercher ? » Il semblait pendant quelques secondes qu’il n’y avait personne au bout, et pourtant elle répondait « Arrêter de blaguer monsieur, la police c’est sérieux ! ». « Tant pis, je resterais là jusqu'à ce que vous me découvriez ! ». Youryne coupait la correspondance avec la police puis s’assit dans un coin de la maison. Au moment où il commençait à somnoler, il entendait des chiens gratter à la porte, puis une voiture s’arrêter devant le pavillon.

Deux hommes devaient être en train d’enfoncer la porte, qui céda brutalement…Une femme criait avant de sortir vomir. « Merde ! C’est vrai ! » S’exclamait un homme qui rentrait prudemment dans la pièce principale, celle où se trouvait Youryne. L’homme trouva le jeune homme qui avait pris la peine de se lever.

-         Que fais tu ici jeune homme ? Où est le criminel !

-         C’est moi qui ai tué ces jeunes…, répondit t-il d’un ton calme en se contrôlant.

Les yeux de l’agent de l’ordre public montraient qu’il avait du mal à comprendre ce qu’il y avait bien pu se passer.

D’autres personnes arrivaient, c’était la nuit et ils avaient tous de puissantes torches infligeant une lumière blanche qui se reflétaient sur les murs en plâtre blanc. Youryne fut emmené, une semaine après, il était jugé coupable…mais mineur…

Les psychologues n’avaient pas trouvé de signes particuliers de folie où de défaillance d’esprit, aussi fût il envoyé momentanément dans une maison de détention pour jeunes délinquants. Tous avaient environ vingt ans. A peine arrivé, ils lui mirent le balais à la main en lui disant…

-         Allez allez ! Travaillons travaillons !


Bon, j'espére que vous l'aurez aimé, ,elle est peut être un peu longue mais je suis certain que les stagiaires ne regarderont plus leurs colégues de la même manière !

 

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