

Après avoir travaillé toute la matinée sans prendre de pause, c’était enfin l’heure de manger pour les deux jeunes. Contrairement à lui, ils avaient pris la peine de prendre plusieurs minutes de relâchement pour fumer, heureusement, leur travail avançait.
Le jeune stagiaire leur débarrassait d’un travail fort ennuyeux dans les pires conditions.
Comme ils avaient décidé que c’était l’heure de manger, c’était le seul moment pour Youryne de reposer son dos et ses mains. Un petit quart d’heure pour ingurgiter ce qu’il avait préparé la veille, un plat bien froid…
Comme avant de commencer toute chose, les deux employés fumaient tout en ouvrant leur boite. Avec une fourchette, ils en sortaient à chaque fois une nourriture étrange qu’ils mettaient sans hésitation dans leur bouche. Cela ressemblait à des pattes mélangées avec une sauce béchamel, auquel on aurait ajouté des oignons et des épinards. De toutes manière, ils devaient le trouver bon, pour l’apporter tous les jours…
Ces deux là discutaient de sujets tout aussi important que ceux qu’ils avaient déjà développés dans la voiture.
Le temps passa bien vite, surtout pour le jeune stagiaire qui désirait sortir prendre l’air…Ce ne fut pas de tout repos pour lui, car une fois dehors, une vieille Mercedes s’arrêtait juste devant la maison. C’était presque obligatoirement les propriétaires qui faisaient construire et qui venaient pour rencontrer les installateurs.
Youryne rentrait pour prévenir les deux jeunes qui ne devaient pas être pris au dépourvu.
- Y’a quelqu’un, je crois que c’est le propriétaire…
- Okey, on va voir…
Les deux se levèrent juste au moment où l’homme arrivait.
- Bien le bonjour messieurs, fis-il en regardant les trois jeunes qui lui serraient la main à tour de rôle, je voulais juste vous dire que finalement nous mettrons 7 prises dans la cuisine…
- Il n’y a pas de problèmes, où voulez vous la rajouter ?
L’homme montrait l’endroit, un coin de mur au fond de la cuisine, puis revint dans le salon.
- Vous êtes bien jeune vous…Remarqua t-il en s’adressant à Youryne.
- Oui, je suis stagiaire…
- C’est bien ça…Ne ralentissez pas trop les professionnels, prévint t-il d’un air provocateur.
- …
Youryne ne savait pas quoi répondre face à cette injustice, cette insulte face à lui, un immense déshonneur. Il annonça son départ bien précipité avant de repartir fièrement dans sa vieille voiture noire.
Le jeune stagiaire tremblait légèrement, c’est la haine et la violence qui le parcourait qui l’empêchait d’avoir les larmes aux yeux faces a un tel acharnement réduit en poussière. Tout ce travail n’était même pas reconnu par les deux autres gars. Sous cette peine, il prit quelques minutes de pause supplémentaire et recommença à travailler. Vers quatorze heures, Youryne devait commencer son travail de l’après midi…Un travail dévalorisant mais nécessaire. Ramasser tous les câbles et gaines, chaque fils, ne laisser aucune poussière dans toute la maison. Le plus embêtant étant bien entendu les morceaux de plâtre qui traînaient un peu partout.
Chaque coup de balais était un vrai affront pour lui, qui voyait les deux employés faire un travail beaucoup plus intelligent. « Ca dépend, c’est tout ce que tu dois faire », avait dit Matthieu quand il lui avait demandé qui le faisait quand il n’était pas là. Il n’avait pas répondu à la question, mais Youryne se contentait de faire le travail, quel qu’il soit. De toutes manière, il n’avait pas eu de chance non plus dans sa famille…
Vers dix-sept heures, le stagiaire avait réussit à reprendre le contrôle de son corps, mais c’était tout juste…La luminosité commençais à baisser, le soleil ne désirait plus éclairer le chantier et il se cacherait pour le reste de la journée derrière les nuages. Un vrombissement s’approchait de la maison, une petite voiture arrivait et freinait brusquement, dérapant sur le sol humide, des jeunes en sortaient précipitamment. Ils entraient dans la maison sans gène avec leur regard provocateur de jeunes délinquants.
Les deux jeunes employés arrivaient, l’air cool, seraient la main aux nouveau venant. Trois gars et deux filles, pour respecter le principe de « cinq dans la voiture »… D’après la forte odeur de bière qu’ils dégageaient, il était impossible qu’ils n’aient pas été se saouler quelque part.
- Comment tu vas Eric ! Criait t-il en serrant la main à celui-ci.
La discussion commençait et cela allait faire une pause en plus pour les collègues Youryne. Le stagiaire tenait le ballait dans la main droite, il ne fallut que quelques secondes pour que visiblement, le plus moqueur de la bande ne fasse attention à lui.
- Ou là, on a le maître du ballais ! Allez allez, travaillons travaillons !
Tous les autres se marrèrent bruyamment, comme s’ils exagéraient…Les deux filles blondes qui les accompagnaient le regardaient comme s’il était un insecte qu’il fallait écraser.
Youryne ne savait plus où se mettre, c’était un sentiment plus fort que la haine qu’il éprouvait à présent. Il ne disait rien, mais son sang bouillonnait, son esprit explosait à l’intérieur de son corps qui n’osait même pas trembler sous ces injures.
Il quitta la pièce pour aller dans ce qui devait être la salle de bain, et s’arrêta devant le mur pour réfléchir. Son corps entier était engourdit, il ne sentait plus ses jambes et sa conscience était brouillée par la colère.
C’en était trop, son corps ne décidait plus et peu importe ce qui se passait en suite, les gènes de sa famille ressortaient. Des gènes soient liés à une malchance, soient à un manque de contrôle sur la situation.
Quoi qu’il en soit, Youryne passait inaperçu dans la maison, comme s’il n’existait pas. Personne ne faisait attention à lui. Il réussit à fermer l’unique porte à clé, celle-ci étant resté dessus. Le stagiaire, dans un état second, s’emparât d’une machette qui se trouvait dans une grande caisse. Sale et coupante, il l’avait bien en main. La portant à ces yeux pour contempler l’épaisseur de la lame, il se dirigea lentement vers les jeunes qui s’étaient à la longue dispersés dans la maison. Trouvant en premier lieux Eric et un autre qui discutaient prés du tableau électrique, approchant lentement, les deux avaient eu le temps de voir qu’il tenait une arme.
- Mais qu’est-ce que tu…
Il n’eu pas le temps de terminer sa question inutile, car le jeune stagiaire leur tranchât d’un trait la gorge. Le sang coulait et giclait au rythme de leur cœur pendant que Youryne se dépensait à leur infliger de violents coups sur tout leur corps.
Peu après cet acte, le jeune de treize ans décidait d’aller dans les autres pièces, à la rencontre des autres, qui venaient précipitamment après avoir entendu de graves cris de futurs morts. Les croisant, il leur balança tout ce qu’il avait dans le bras pour leur trancher la tête d’un seul coup, faisant dévaler son agressivité sur le dos de Matthieu qui fuyait. Tremblant de douleur, sa chemise étant tâchée de son sang, il ne parvint pas à ouvrir la porte de sortie alors que la rage du stagiaire allait le tuer.
Les yeux emplis d’une fureur insensible, il avançait vers lui comme un réel tueur. Arrivé à bonne distance, l’employé se retourna, ses jambes ne tenaient plus, il tombait.
- Travaillons, travaillons…Chuchota Youryne de sa voix sèche et pleine de chaos.
Quelques secondes plus tard, Matthieu baignait dans son sang et ses morceaux de chair s’étaient éparpillés autours de lui. Tous les autres, également morts, se vidaient en silence alors que Youryne terminait son travail…Un coup de balais pour terminer la journée, vers dix-huit heures, il faisait nuit. Le ciel était couvert et une ombre sinistre s’abattait sur tout le chantier. Les yeux de tous les morts ne brillaient plus, recouvert de poussière et endormis de toute vie. Un calme atroce recouvrait la maison dont l’installation électrique était quasiment terminée. Sachant très bien ce qu’il avait fait, Youryne n’avait nul d’autres choix que de téléphoner à la police. De toutes manière, il n’avait pas de voiture, ses parents n’étant pas disponible, du fait qu’il était mineur, il ne savait pas vraiment ce qu’il allait devenir.
Sortant son téléphone noir de sa poche, il composait le numéro. Après quelques longues tonalités, une personne décrochait… « Commissariat national bonjour, quel est le problème ? » Demandait la voix d’une femme. « J’ai tué sept personnes, je suis au chantier des templiers, vous pouvez venir me chercher ? » Il semblait pendant quelques secondes qu’il n’y avait personne au bout, et pourtant elle répondait « Arrêter de blaguer monsieur, la police c’est sérieux ! ». « Tant pis, je resterais là jusqu'à ce que vous me découvriez ! ». Youryne coupait la correspondance avec la police puis s’assit dans un coin de la maison. Au moment où il commençait à somnoler, il entendait des chiens gratter à la porte, puis une voiture s’arrêter devant le pavillon.
Deux hommes devaient être en train d’enfoncer la porte, qui céda brutalement…Une femme criait avant de sortir vomir. « Merde ! C’est vrai ! » S’exclamait un homme qui rentrait prudemment dans la pièce principale, celle où se trouvait Youryne. L’homme trouva le jeune homme qui avait pris la peine de se lever.
- Que fais tu ici jeune homme ? Où est le criminel !
- C’est moi qui ai tué ces jeunes…, répondit t-il d’un ton calme en se contrôlant.
Les yeux de l’agent de l’ordre public montraient qu’il avait du mal à comprendre ce qu’il y avait bien pu se passer.
D’autres personnes arrivaient, c’était la nuit et ils avaient tous de puissantes torches infligeant une lumière blanche qui se reflétaient sur les murs en plâtre blanc. Youryne fut emmené, une semaine après, il était jugé coupable…mais mineur…
Les psychologues n’avaient pas trouvé de signes particuliers de folie où de défaillance d’esprit, aussi fût il envoyé momentanément dans une maison de détention pour jeunes délinquants. Tous avaient environ vingt ans. A peine arrivé, ils lui mirent le balais à la main en lui disant…
- Allez allez ! Travaillons travaillons !
Bon, j'espére que vous l'aurez aimé, ,elle est peut être un peu longue mais je suis certain que les stagiaires ne regarderont plus leurs colégues de la même manière !
