Anima Studium - Acte III Scène 3
Informations : Anima Studium -Acte 3 Scène 3 - Cidragon6 – 2007
Acte III
Scène 3
Moi – Tu lis beaucoup ?
Elle – Je préfère lire pour apprendre…Je ne lis pas de grands livres, je n’ai pas le temps…
Moi – Pareil pour moi. Si je pouvais avoir du temps, je lirais tout le temps ! Mis à part les magazines de sciences, l’actualité et certaines œuvres, j’aime relire certains auteurs célèbres. J’ai eu l’occasion, il n’y a pas longtemps, de lire Rousseau.
Elle – Rousseau ?
Moi – Il est presque comme nous. Il pense et réfléchit, puis écrit ce qu’il a comprit.
Elle – Remarquable…
Moi – Il y a tant de personnes qui nous ont ressemblés…
Elle – Tant de monde qui ont souffert…Il y a tellement eu de douleur dans ce monde, nous ne sommes pas les premiers.
Moi – Courage, l’avenir sera meilleur…
Elle – Même si nous pensons le contraire, espérons.
Moi – Je crois qu’être auteur, c’est une des tâches les plus dures qu’il ait été donné de faire à un homme. Tous les mots qui sont dans un livre, sont là uniquement pour celui qui les lira. L’écrivain ne serait rien sans son lecteur.
Elle – Peut-être qu’il écrit pour lui-même, non ?
Moi – Oui…beaucoup écrivent pour ne pas oublier, pour se développer. Mais avant tout pour s’exprimer. C’est parfois bien plus facile d’inscrire des lettres sur une page que de prononcer des paroles, qui seront oubliées peu de temps après êtres entendues.
Elle – Dans un livre, on est libre de s’exprimer. Parfois, on peut écrire quelque chose, la personne qui le lira ne saura pas si c’est vrai ou si c’est faut.
Moi – Tu peux mentir sans que personne ne puisse te contredire.
Elle – Les propos écrits sont forcément vrai dans le livre.
Moi – L’auteur peut parfois chercher des heures avant de trouver la juste phrase…Il y a tellement de mots, tellement de façons de ‘exprimer…
Elle – Mais je me demande si un jour, à force d’écrire, un écrivain ne se lasse pas. S’il utilise toujours les mêmes mots, les mêmes impressions, cela ne va pas se ressembler.
Moi – Tu sais…J’y pense aussi. Il y a une fin à tout. Qu’arrivera t-il quand nous aurons tout raconté ? Qu’arrivera t-il quand nous n’aurons plus d’idées, quand nous n’aurons plus le pouvoir d’écrire ? Quoi qu’il en soit, je crois que nous avons vraiment le temps. J’ai lu un texte il n’y a pas si longtemps…Il avait été écrit par une femme de quatre vingt trois ans…C’est seulement à ce moment là qu’elle décidait d’arrêter d’écrire. Elle avait certainement encore des idées. Moi, je compte vivre une bonne centaine d’année encore…Jamais je ne m’arrêterais d’écrire. Ce n’est pas le fait de ne plus avoir d’idée qui va stopper ma passion.
Elle – Encore, l’écriture, ce n’est peut-être pas le plus dur…Il y a une branche qui appartient au domaine de la création. La réalisation…
Moi – Ah oui, la réalisation !
Elle – Par exemple…Quand un écrivain écrit un livre, cela lui demande un certain courage, une certaine force. Chez le lecteur, c’est la même chose. Il lira le livre avec force, avec intelligence. Dans le domaine de la réalisation, dans les films, le réalisateur travaille autant que l’écrivain, mais de manière à ce que le spectateur ne réfléchisse pas.
Moi – Même si le spectateur ne réfléchit pas, son esprit travaille comme s’il vivait les moments filmés. Quand on regarde un film, on se laisse faire. Pour tout dire, on se laisse conduire, on se laisse mener !
Elle – Mais derrière tout ça, il y a un travail titanesque ! Les prises de vue, les détails importants, les effets, les personnages…Il faut imaginer que chaque dialogue compte.
Moi – Il faut de même respecter un temps bien précis. Il y a sans cesse des hommes qui vous embêtent, vous ne pouvez travailler tranquillement sur votre projet.