La Porte Blanche, Chapitre 1

Publié le par Cidragon6

Chapitre 1


À l'aube du 21éme siècle, sur Terre, les bourdonnements présents dans les cieux s'intensifiaient. En moyenne, cette réaction s'était accentuée. Sans que les humains n'en soient conscients, il s'accumulait dans le monde de nombreuses conséquences à long terme. La planète s'était réchauffée. Non seulement à cause des pollutions humaines, mais aussi à cause de la fusion des mondes.

Les ouragans se multipliaient, les pôles gelés fondaient depuis plusieurs décennies. Beaucoup d'humains, dès leur naissance, manifestaient de nouvelles sensations. Des dépressions inexpliquées, des états de solitudes approfondies par des envies suicidaires. Le monde déclinait de jour en jour. Un pouvoir médiatique était mis en place, manipulant les pensées, dirigeant les foules.

Nous sommes en septembre 2005, en Amérique. Non loin d'une ville appelée Powell Butte, les nuages se concentrèrent soudainement. Une énergie tourbillonnante attirait ces nuages. Il y eu un très bref éclair et un point noir apparut. Depuis la terre, on aurait pu le voir tomber. Ce n'était pas un astéroïde, ni une pierre d'aucune sorte. Cet objet était si loin, mais se rapprochait de plus en plus vite.

Il s'écrasa dans les champs de blé prêts à être coupés. La terre trembla sous le choc, un cratère de plusieurs mètres s'était formé et avait légèrement soulevé la terre à quelques endroits. C'était un humain qui était tombé du ciel. Non un humain de la terre, mais un être venant de Scia. Il était allongé comme un fœtus, habillé d'une tenue noir et rigide. Sa chevelure noire paraissait soignée, mais sa peau, qui devait être blanche et pâle, était presque recouverte de suie. Le jeune homme ne tarda pas à ouvrir les yeux. Il se mit à genoux, puis se releva. Une forêt bordait le champ, le soleil se levait à peine à l'horizon. Il était six heures du matin. Sans manifester un seul sentiment, il se mit à marcher vers le bois. Il trainait des pieds, puis accéléra son allure, toujours avec la tête baissée.


***


Une alarme retentissait à l'autre bout de la terre. Au Japon se trouvait une des plus secrètes organisations l'OAM. Si certains avaient demandé des informations sur ce diminutif, on leur aurait répondu que cela signifiait : Organisation d'Analyse Mondiale. On expliquait alors que c'était un centre d'analyse de statistique au stade mondial qui permettait de vérifier des thèses économiques.

Le milieu était très fermé. Le QG de l'organisation se trouvait donc au Japon, plus précisément à Tokyo. L'ensemble des salariés parlait anglais. L'alarme criait dans tout le local de détection. Sur les écrans, on pouvait voir le mot « Magnétisme 15,456 », qui clignotait en rouge. Les hommes qui s'amusaient en attendant ce signal tant convoité arrêtèrent tout de suite leur activité. Ils avaient les yeux rivés sur les écrans, s'interrogeant sur leurs prochaines actions. L'un d'eux se précipita vers un autre moniteur. Celui-ci affichait une carte du monde. Un point rouge était apparu à l'ouest du continent américain. « C'est en Amérique ! cria-t-il. Tout juste dans la ville de... attendez une seconde... Il bouge ! »

Après avoir tapoté sur un clavier quelques secondes, il eut une confirmation. « Powell Butte ! Dans l'Oregon ! Cela vient juste de se produire ! »

Il y avait eu le magnétisme tant cherché par ces scientifiques. Cela voulait dire qu'un autre objet non identifié était tombé du ciel. D'importants dispositifs vérifiaient sans cesse le taux de magnétisme dans l'atmosphère, afin de trouver l'objet qui apparaissait en conséquence, et se l'approprier. A plusieurs reprises, ils n'ont pas pu analyser ce dont il s'agissait vraiment. « Un autre est tombé ! s'écria un autre homme en sautant de joie.

-        Ne te réjouit pas trop Jim, dit un autre en regardant son écran d'ordinateur. C'est peut-être une fausse alerte.

-        Mais, après dix ans d'attente ! Et il bouge ! C'est incroyable ! »

Tous les hommes se mirent à leur poste. Un d'eux alla communiquer l'information à un supérieur, qui contacta d'autres intermédiaires, dont plusieurs téléphonèrent au directeur général de l'organisation, un seul de ces appels eut la priorité. Du haut de la tour de l'OAM, un homme décrocha son téléphone...


***


Une demi-heure plus tard...


Debout dans un tramway de Tokyo, deux hommes étranges attendaient l'arrivée. Ils étaient de même taille, avaient le même teint, mais l'un était tout de blanc, l'autre tout de noir. Celui qui était habillé en blanc s'appelait William. Il avait de longs cheveux argentés, brillants, ainsi qu'un costume aussi propre que s'il était sorti du pressing. Il regarda sa montre en argent, le cadrant était en or, et les chiffres étaient inscrits en chiffre romain.

Juste à côté de lui, aussi en train de regarder sa montre, on aurait dit son frère jumeau. Il avait de longs cheveux noirs, et était habillé d'un costume de cette même couleur. Contrairement à son collègue, il avait le dos légèrement courbé, montrant une certaine fatigue. Il s'appelait Walter.


Il souffla après avoir vu l'heure, alors que l'autre, William, souriait toujours de plus en plus. « Nous serons à l'heure, comme d'habitude ! dit brillamment William.

-        Que cela est lassant, de travailler ! brailla l'autre, en fermant les yeux. »

Une dame, à côté, regardait les deux hommes qui offraient un bien beau spectacle. William remarqua qu'ils étaient de nouveau observés, comme à leur habitude. Il en profita pour rire un peu. « Que voulez-vous ma petite dame ? Le travail, c'est la santé !

-        Vous avez raison, répondit-elle.

-        Mais notre travail, continua l'homme en blanc, c'est uniquement l'histoire de notre jeunesse. Car à plus de trente-cinq ans, nous mériterons déjà des vacances jusqu'à la fin de notre vie !

-        Si nous vivons jusqu'à l'an prochain, se lamenta Walter. »

La dame ne répondit pas. Le tramway était arrivé à la destination des deux hommes, qui étaient en fait des agents spéciaux d'une organisation américaine "très spéciale". Ils commencèrent à marcher, et William n'arrêtait pas de parler : « Je sais bien que tu en as marre d'espionner cette organisation, mon pauvre Walter. »


William n'était pas du tout discret. Il se fichait complètement que des centaines de passants l'entendent. Par mesure de sécurité, il vérifiait cependant qu'il n'y ait personne d'important à côté de lui et qui puisse comprendre ses propos. « Je dois dire aussi, reprit-il tout de suite, que cela m'excite de savoir en réalité ce sur quoi ils font des recherches... Nous n'avons jamais rien trouvé d'intéressant, mais cette fois-ci, la réunion a été "improvisée" !

-        Tu peux tout dire, c'est ennuyant et dangereux... Nous ne devons pas faire une bavure à moins d'un an de notre retraite... »

William continua à parler de nombreuses minutes, expliquant de nouveau ses pensées en rapport avec l'OAM. Ils avaient déjà infiltré plusieurs fois les réunions de l'organisation, qui avaient lieux toutes les semaines. Depuis plusieurs mois, ils se demandaient pourquoi tant de fonds étaient mis en œuvre pour une cause plutôt bizarre. Analyser le magnétisme dans le monde ? D'après ce qu'ils avaient pu savoir, ce n'était pas en rapport avec la recherche extra-terrestre. Les scientifiques utilisaient un langage compliqué entre eux, et le directeur ne disait jamais rien. A plusieurs reprises, les chercheurs parlaient de questions de densité, d'anatomie, de régénération cellulaire, de magnétisme.



***



Les deux agents arrivaient devant la haute tour de l'OAM, bien gardée par plusieurs hommes en costume cravate. Ils rentrèrent sans aucune difficulté, après avoir montré leur badge signifiant qu'ils faisaient de la maintenance informatique dans tout le système de la tour. Les hommes avaient l'habitude de laisser passer Walter et William, mais ne se doutaient pas qu'ils étaient en réalité des espions. À vrai dire, les membres de l'OAM étaient totalement absorbés par leurs recherches, et la surveillance n'était finalement pas du tout efficace. Elle était surtout présente pour dissuader quelques curieux. « Comme dans un moulin », chuchota William en appelant l'ascenseur qui menait au quarante-troisième étage.

C'était à cet étage que se trouvait la principale salle de réunion, la plus grande. « Mais que vont-ils encore dévoiler cette fois-ci... »

Il n'y avait même pas de micros ou de caméra dans la cage d'ascenseur, ni même dans les importants couloirs. Les deux agents entrèrent dans la salle de réunion, qui était vide, et se cachèrent habilement dans un des gigantesques bureaux. Chacune de ces tables était exagérément massive, au point de mesurer un mètre cinquante de longueur, sans que cela ne serve à quelque chose. Il était facile de s'y cacher.


Une demi-heure après


Les différents membres de l'organisation arrivaient à sept heures tapantes. Ils étaient silencieux, la plupart étaient des scientifiques de différentes branches. L'ensemble des employés arriva dans les cinq minutes. Enfin, le directeur général vint s'asseoir à son bureau. Il se nommait Hyo, et n'eut pas besoin de demander le silence avant de commencer à parler. « Bonjour Messieurs. J'ai improvisé cette réunion car, peut-être que certains d'entre vous êtes au courant... Un nouvel objet est tombé du ciel il y a à peu près une heure. »

Beaucoup des hommes qui étaient présents tournèrent la tête pour voir la réaction de leur semblable. Ils souriaient tous. « D'après les détecteurs, il se déplace. C'est donc un objet vivant, se trouvant en ce moment même en Amérique de l'Ouest, dans l'Oregon, et plus précisément à Powell Butte. »

Tout le monde applaudit, et manifesta leur impatience de diverses manières. Certains fixaient leur directeur, d'autres avaient posé leur main sur leur large bureau sans afficher d'expression. Ils auraient enfin un sujet sur lequel travailler. « Je sais que cela fait longtemps que nous attendons une nouvelle occasion de nous procurer cette "chose" tombée du ciel... C'est pourquoi je vous encourage à préparer vos futurs tests, en rapport avec le spécimen que je compte faire capturer dans les heures qui suivent. »

Toutes les personnes présentes applaudirent encore. Hyo déclara la réunion terminée, et prit aussitôt son téléphone portable pour organiser l'opération qui allait avoir lieu dans la matinée. Quelques minutes plus tard, il n'y avait plus personne dans la salle. William et Walter s'extirpèrent des bureaux. L'un s'étira pour être plus en forme, l'autre bâilla démesurément. « Tu vas te décrocher la mâchoire, mon pauvre Walter...

-        Cela ne m'est arrivé qu'une seule fois, répondit-il, mais je consens que cette réunion fût... excitante. »

Il n'avait pas l'air de penser ce qu'il disait, tellement son état de fatigue lui maintenait un air lassé et ennuyé. Les deux agents sortirent du bâtiment comme ils étaient venus, et prirent le tramway. William regarda une nouvelle fois sa montre avant de sortir son téléphone portable de sa poche. Il composa un très long numéro, de tête, et porta l'appareil à son oreille avant de commencer à parler : « Agent T, la réunion est terminée.

-        Nous avons des informations de notre côté aussi. Les agents de l'OAM, en Amérique, sont actuellement en position.

-        En effet, d'après Hyo, une « chose » est tombée du ciel, dans l'Oregon.

-        Ils se dirigent donc vers cet état. Savez-vous où, exactement, ils comptent se rendre ?

-        L'objet tombé du ciel semble, d'après eux, vivant. Il bouge et est proche de Powell Butte. Les scientifiques semblaient attendre cet évènement depuis un temps fou !

-        Agent W, vous devez impérativement vous rendre là-bas ! Prenez l'avion immédiatement pour l'Oregon !

-        Ce ne sera pas un problème. Je vous recontacterai. »

William remit son téléphone dans sa poche, et regarda Walter. « Nous y allons... »

L'agent T s'appelait Tristan, et Walter et William étaient connus sous le nom « agent W ». Les deux étaient obligatoirement associés, et beaucoup de personnes ne croyaient avoir à faire qu'à un seul agent.

L'agent W était connu pour être très doué. Walter et William possédaient énormément d'argents, mais le gardaient pour leurs « prochaines vacances ». Ils allouaient cependant beaucoup d'argent afin de se procurer les meilleurs moyens de transport. Si bien qu'ils allèrent directement à l'aéroport, et prirent leur jet privé très rapide pour afin de se rendre en Amérique.

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Publié dans Ecriture - art

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